Corrosion de la pompe à main et qualité des matériaux : Un défi pour le Burkina Faso et le reste du monde

Au Burkina Faso, le nombre élevé de forages équipés d’une pompe à motricité humaine (PMH) qui dysfonctionnent ou qui nécessitent de grosses réparations quelques années seulement après leur construction est alarmant. Les audits techniques effectués en 2013 et 2014 au Burkina Faso sur des forages équipés de PMH ont révélé des situations préoccupantes en termes de qualité de l’eau, de matériel inadapté aux profondeurs des puits et de pompes non-conformes. Dans plus d’un tiers des cas, les forages équipés de PMH dysfonctionnent ou deviennent même totalement inutilisables en moins de quelques années. Entre 0.6 milliards de FCFA (0.9 million d’€) et 2.9 milliards de FCFA (4,5 millions d’€) d’investissements annuels seraient ainsi perdus du fait de l’installation de PMH de qualité médiocre et de diverses malfaçons lors des travaux de construction. Chaque année, plus de 130 000 personnes bénéficient d’un service d’approvisionnement en eau dont la pérennité n’est de ce fait pas assurée au-delà des premières années.

La corrosion des PMH est un phénomène connu depuis plus de 30 ans ; elle demeure pourtant un problème majeur au Burkina Faso car les gouvernements successifs et les agences d’aide au développement ont continué d’installer des pompes fabriquées à partir de matériaux inadaptés. Ces pratiques ont généré des coûts d’entretien élevés, de multiples pannes et le rejet de nombreux points d’eau par les communautés car l’eau y était de mauvaise qualité. La corrosion des PMH est un problème mondial majeur, dont le secteur EAH ne s’est jusqu’à présent toujours pas saisi à sa juste mesure, et qui risque d’empêcher la réalisation de l’Objectif du Développement Durable n°6 au Burkina Faso comme dans d’autres pays. Sur les forums de discussion en ligne du Réseau pour l’Approvisionnement Rural en Eau (RWSN), les experts internationaux font notamment remonter comme principales préoccupations à ce sujet : des matériaux et des pièces composantes de qualité inadaptée, un manque de contrôle qualité, des prix anormalement bas, et des pratiques d’achat et de commande problématiques.

Une enquête sur la qualité des composants des pompes manuelles au Burkina Faso a été lancé début 2017. Des échantillons de la conduite principale montante et de la tige de la pompe ont été achetés auprès de fournisseurs à Ouagadougou, et d’autres échantillons provenaient de pompes en service ou abandonnées. Tous les échantillons ont été testés pour leur composition chimique. En 2019 des tests de composition chimique ont été réalisés sur l’ensemble de ces échantillons. L’analyse des résultats de ces tests révèle que : cinq des six colonnes d’exhaure et deux des quatre tringles ne sont pas conformes aux normes internationales de composition de l’acier inoxydable du grade indiqué. La faible teneur en nickel de ces échantillons signifie notamment que les pièces analysées ont en réalité une résistance à la corrosion moindre que celle qu’elles devraient avoir si elles étaient effectivement du grade indiqué.

Les 13 pièces composantes qui ont été testées dans le cadre de cette étude forment un trop petit échantillon pour s’avérer statistiquement représentatives de la situation du Burkina Faso dans son ensemble.  Cet échantillon corrobore toutefois les inquiétudes du Gouvernement et des foreurs. Il y a quelque chose qui ne va pas avec certains composants disponibles sur le marché, malgré le fait qu’ils soient vendus comme étant de l’acier inoxydable. L’ampleur du problème reste inconnue à ce stade au Burkina Faso ou dans d’autres pays. Comme le montre ce rapport publié par la Fondation Skat, le constat est celui d’un échec du « marché » à fournir systématiquement des matériaux de haute qualité. Afin de rectifier cette situation, il est nécessaire de trouver des solutions à la fois au sein des pays d’importation, comme le Burkina Faso, et au niveau international.

Cette étude rapide a révélé pour le Burkina Faso et au-delà une série d’enjeux interconnectés:

  1. Il est nécessaire de poursuivre les recherches sur l’utilisation des pièces composantes en acier inoxydable afin d’éviter la corrosion des pièces de PMH immergées dans des eaux souterraines agressives.
  2. La norme indienne pour les modèles India Mark II et III comprend quelques erreurs, et aucune option n’est proposée pour les cas d’eaux souterraines agressives. Les normes internationales (notamment celles publiées par SKAT/ Le Réseau pour l’Approvisionnmenet Rural en Eau-RWSN) portant sur les matériaux des pièces de PMH adaptés aux eaux souterraines agressives pourraient être améliorées.
  3. De nombreuses entreprises en Inde vendent des PMH et des pièces de modèles India Mark II et III. Les prix de vente pratiqués par certaines de ces entreprises sont si bas qu’il semble impossible que la qualité de ces pompes et pièces soit conforme aux normes internationales.
  4. Il n’existe aucun organisme international chargé de contrôler systématiquement la qualité des matériaux de PMH, et le rôle et l’activité du Bureau de Normalisation International à ce sujet ne sont pas clairs ni évidents.
  5. Lorsque les PMH sont achetées dans le pays où elles doivent être installées, la longue chaîne d’approvisionnement (souvent anonyme de surcroît du fait de la multiplicité des intermédiaires) fait qu’il n’existe pas ou peu de lien entre les fabricants (situés majoritairement en Inde) et les installateurs des PMH en question. De plus, l’absence de compilation systématique des problèmes rencontrés préalablement signifie que les agences, les entreprises et les ménages s’engagent dans l’installation de PMH sans saisir l’ampleur de ces soucis de qualité et ne s’en rendent compte que trop tard.
  6. De nombreuses PMH utilisées en Afrique sont importées d’Inde (et visiblement du Nigéria également), donc les efforts menés pour résoudre cet enjeu de garantie de qualité doivent absolument inclure l’Inde ainsi que plusieurs pays africains.
  7. L’intérêt des financeurs pour l’équipement des PMH est probablement actuellement au plus bas depuis 30 ans, il s’avère donc très difficile de mobiliser à grande échelle pour développer un processus de certification internationale ou financer davantage de recherches à ce sujet. Une telle initiative nécessiterait d’une part des investissements supplémentaires et d’autre part des engagements de long terme de la part des principales agences et des gouvernements qui financent et mettent en œuvre des programmes d’installation et d’entretien de PMH.

Nous espérons que cette courte étude attirera l’attention des gouvernements, des organismes de recherche et des agences internationales d’aide au développement et les incitera à travailler sur la résolution des problèmes pressants que sont la corrosion et la mauvaise qualité des pièces composantes des PMH. Si rien n’est fait la communauté mondiale de l’approvisionnement en eau, par négligence ou désintérêt, prive de fait les populations rurales du Burkina Faso et d’ailleurs des bénéfices d’un approvisionnement en eau élémentaire et fiable.

L’étude complète peut être téléchargée ici : Qualité et corrosion des pièces composantes des Pompes à Motricité Humaine au Burkina Faso et au-delà (anglais et français)

Crédit photo: Colonnes montantes corrodées photographiées au Burkina Faso dans le cadre de l’audit d’équipements d’approvisionnement en eau in situ. (Kerstin Danert)

 

 

Handpump corrosion and material quality: A challenge for Burkina Faso and globally

In Burkina Faso, concerns have been raised regarding the high number of handpump boreholes that have failed, or need to be rehabilitated within a relatively short time of their initial construction. Physical audits of handpump boreholes in 2013 and 2014 raise concerns over water quality, inappropriate handpump for deep water and non-conformant pumps. In more than one third of cases, the handpump boreholes will function poorly, or cease to function completely within a few years. It is estimated that investments of between FCFA 0.6 billion (€0.9 million) and FCFA 2.9 billion (€4.5 million) per year are lost due to the installation of poor quality handpumps and other aspects of the construction. In one year, over 130,000 people were provided a water supply service that is likely to break down within a few years.

Despite knowledge of handpump corrosion for over 30 years, it remains a problem in Burkina Faso, as governments and aid agencies have continued to install pumps manufactured with unsuitable materials, leading to high maintenance costs, pump failure and rejection of water sources due to poor water quality. Handpump corrosion is a major global problem which the WASH sector has so far, systemically failed to address, and which will impede the realisation of Sustainable Development Goal 6. Concerns cited by experts from a range of countries on the Rural Water Supply Network (RWSN) online discussion platforms include the following: inadequate quality of materials and components, lack of quality control, unrealistic (low) prices and problematic purchasing practices.

A renewed call to investigate the quality of handpump components in Burkina Faso was raised in early 2017. Samples of the rising main and pump rod were purchased from suppliers in Ouagadougou, and additional samples were from pumps in use or abandoned. All samples were tested for their chemical composition. Analysis showed that of the samples, five of six riser pipes, and two of four pump rods did not conform to international standards for the composition of stainless steel of the specified grade. In particular, the low nickel content means that the components have less corrosion resistance than they would if they were of the specified grade.

The small sample size of 13 components tested in this study is not a statistically representative of the situation in Burkina Faso as a whole but it verifies concerns raised by the Government and drillers themselves. Something is not right with some components available on the market, despite the fact that they are being sold as stainless steel. What we do not know is the extent of the problem, in Burkina Faso, or other countries. What is being witnessed, as documented in the new study published by Skat Foundation, is a failure of “the market” to guarantee high quality materials. Addressing this failure requires solutions from within importing countries, such as Burkina Faso, but also internationally.

This short study has shed light on a number of interconnected issues for Burkina Faso and beyond including:

  1. There is no international body systematically controlling handpump material quality.
  2. The need for further research on the use of stainless steel components to prevent the corrosion in aggressive groundwater is needed.
  3. Many of the handpumps used in Africa are imported from India (and apparently Nigeria too). There is often no connection between manufacture (primarily in India) and installation of the pump (in African countries). Agencies, companies or households installing handpumps are not aware of the extent, and scale of quality problems until it is too late.
  4. Donor interest in handpump hardware is arguably at its lowest in 30 years, and so galvanising interest to develop an international certification process or fund research is extremely difficult. Such an initiative would require not only investment, but also long-term commitment from the large agencies and governments that fund and implement programmes installing handpumps and their maintenance.

It is hoped that this short study will trigger interest by governments, and by research organisations, and international development agencies to explore ways to solve the problems of corrosion and poor quality handpump components. If this is not done, by inadvertent neglect, the global water supply community is arguably preventing rural populations in Burkina Faso and beyond from the benefits of a reliable, basic drinking water supply.

The full study is available for download here: Concerns about corrosion and the quality of handpump components in Burkina Faso and beyond (English and French).

Photo credit: Corroded rising mains being photographed as part of a physical audit of water facilitiesin Burkina Faso (Kerstin Danert).

 

The most important stories in rural water supply // Les histoires d’approvisionnement en eau en milieu rural les plus importants

Making water work for women – inspiring stories from around the world

The reality in much of the world today is that collecting water for the home is a job done by women – so gender issues are central to everything we do in rural water supply – self-supply, pump design, borehole siting, tariff collection, water resource management, business models or using ICT to improve service delivery.

In this week’s webinar we have brought together more inspiring stories from Nicaragua, India and the World Bank.  We are taking ‘gender’ from being a tokenistic tick-box to a living, vibrant, practical core of every rural water service.

Join the us next Tuesday 23 May – it an opportunity to have your practical and policy questions answered from world class experts.

 Did you miss Part 1? Don’t worry. You can watch and listen to the inspiring experiences from Burkina Faso, India, Ethiopia and Bangladesh on the RWSN video channel:

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L’eau au service des femmes – des histoires inspirantes

La réalité dans beaucoup d’endroits dans le monde aujourd’hui est que l’approvisionnement en eau pour les besoins domestiques reste un travail porté par les femmes – donc les questions liées au genre sont au coeur de toutes les activités que nous entreprenons dans le secteur de l’eau rurale: auto-approvisionnement, conception des pompes, emplacement des forages, recouvrement des tariffs, gestion des ressources en eau, ou utiliser les TIC pour améliorer les services.

Le webinaire de la semaine permettra d’entendre des histoires intéressantes du Nicaragua, de l’Inde et de la Banque Mondiale. Nous souhaitons passer d’une compréhension de la notion de genre se bornant à cocher une case, pour mettre en avant les aspects vivants, pratiques et essentiels qui font partie de tous les services d’eau ruraux.

Joignez-vous à nous mardi prochain – ce sera l’occasion de poser vos questions sur la pratique et la politique à des experts du domaine.

Vous n’avez pas pu participer à la première partie de ce wébinaire? Vous pouvez écouter des expériences inspirantes du Burkina Faso, de l’Inde, de l’Ethiopie, et du Bangladesh sur la chaine viméo du RWSN:

 

 

Burkina Faso: Une approche à l’épreuve du terrain (zone rurale)

re-blogged from pS-Eau

L’association Morija a expérimenté le programme WASH Est (2011–2016) dans quatre provinces. L’approche globale eau potable, assainissement et hygiène ainsi expérimentée est actuellement confortée dans la commune de Nobéré à travers le projet Colibri (2015–2019).

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WASHTech Burkina Faso : The final sprint has begun!

also visit the new TAF website: http://www.washtechnologies.net

WASHTech, THE project (2011-2013)

A few months remain before the end of the WASHTech project in Burkina Faso. The project team composed of the Burkina Faso Offices of Intergovernmental Panafrican agency Water and Sanitation for Africa (WSA) of Water-Aid and IRC, steps on the accelerator to finalize the remaining activities before the end of the project in December 2013.

Among the key activities at the end of the project, there’s the organization of a national training workshop for actors in the WASH sector that will be driven by the the Department of Studies and Information one Water (DEIE). The objective of this workshop is to present the achievements of the project including tools Technology Assessment Framework (TAF) Technology Introduction Process (TIP) and strengthen their capacity to use these tools. The impacts of the project in Burkina Faso after three years of implementation will be presented. This national workshop is scheduled to take place in…

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WASHTech Burkina : le développement participatif d’un outil d’évaluation des technologies d’eau et d’assainissement

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WASHTech, THE project (2011-2013)

Des constats

Le secteur de l’eau et l’assainissement n’est pas à court de technologies nouvelles et émergentes, promues par le secteur privé ou les ONG et les bailleurs de fonds. Avant même d’être adoptées dans les stratégies nationales, ces technologies sont largement reprises  par le secteur privé et intègrent nos villes et villages.

Conséquence : La contribution des nouvelles technologies pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) est insignifiante. Un des obstacles majeurs à la réalisation des objectifs du secteur apparaît être l’absence de systèmes pour évaluer le potentiel d’une technologie et le manque de capacité à mettre de nouvelles technologies appropriées à l’échelle de manière efficace. WashTech propose un outil innovant pour évaluer les technologies dans un contexte spécifique. D’une durée de 36 mois, WAHTech est un Projet de recherche sur un procédé innovant pour évaluer le potentiel et la viabilité d’un large éventail des technologies…

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Deuxième test du TAF : les acteurs du secteur eau et assainissement du Burkina passent les technologies d’assainissement : VIP et EcoSan à l’épreuve du TAF

News from Burkina Faso on the WASHTech project

WASHTech, THE project (2011-2013)

En sortie terrain du 05 au 09 septembre  2012, l’équipe du projet WASHTech Burkina font passer les technologies d’assainissement : VIP et EcoSan à l’épreuve du Technology Applicability Framework (TAF).
L’équipe de recherche a rencontré des partenaires étatiques (Direction Régionale de l’Agriculture et de l’hydraulique du Centre Ouest et l’ONEA), communales ( la commune urbaine de Koudougou)  associatives (action Micro-barrage et agro action), des maçons, des artisans, des bénéficiaires de ces technologies, tous engagés qui dans le développement,  qui  dans la promotion des latrines EcoSan ou VIP.  

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